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Comment la recherche entraîne des changements à la politique publique
Remarques au Conseil communautaire de planification sociale, Table ronde de recherche Le 3 mars 2009, Toronto
 L. Robin Cardozo discute au Conseil communautaire de planification sociale à Toronto | Merci de m’avoir invité à participer à cette discussion entre experts. On m’a demandé de vous parler de notre expérience à la Fondation Trillium de l’Ontario, organisme de financement fier d’investir dans la recherche. J’aimerais commencer par vous dire quelques mots au sujet de la Fondation. Je citerai ensuite plusieurs exemples de recherches financées par la Fondation. En guise de conclusion, je vous livrerai quelques observations.
Premièrement, qui nous sommes. La Fondation Trillium de l’Ontario – ou FTO – relève du gouvernement de l’Ontario et elle est financée à part entière par le gouvernement. Nous avons pour mission de favoriser l’épanouissement de communautés saines et dynamiques partout en Ontario et nous accordons des subventions dans quatre secteurs –les arts et la culture, l’environnement, les services sociaux et les sports et la récréation. Nous croyons que les organismes sans but lucratif dans chacun de ces secteurs apportent une importante contribution à la santé et au dynamisme des communautés de l’Ontario.
Je tiens à signaler trois aspects de notre travail qui jouent un rôle critique dans notre programme de subventions. Premièrement, nous avons une structure fortement régionalisée, à savoir 15 petits bureaux régionaux à l’extérieur de Toronto, de Windsor à Ottawa et de Thunder Bay à Niagara Falls.
Deuxièmement, les bénévoles communautaires jouent un rôle très actif dans la recommandation de subventions en qualité de membres de nos équipes d’évaluation des demandes de subventions et de notre conseil d’administration. Troisièmement, il y a, comme vous pouvez vous y attendre, une forte demande de subventions de la FTO, c’est-à-dire de 3 à 4 dollars de demandes pour chaque dollar de subvention dont nous disposons.
Maintenant que je vous ai expliqué en quoi consiste la Fondation Trillium de l’Ontario, j’aimerais aborder l’essentiel de mes propos et vous donner des exemples des recherches qui ont été appuyées ou financées par la Fondation. Nous effectuons une quantité limitée de recherches à l’interne – le travail de nos préposés à la recherche. Nous finançons également des recherches à l’externe par nos subventions. J’attire votre attention sur le fait que, bien que la majorité de nos recherches n’a pas pour objectif de s’attaquer directement à la pauvreté, toutes les recherches contribuent à favoriser l’épanouissement de communautés saines et dynamiques – notre mission – ce qui suppose un effort concerté pour réduire la pauvreté.
L’an dernier, nous avons terminé un important exercice, en collaboration avec Statistique Canada, appelé « Le profil de votre communauté ». À partir des données du Recensement de 2006, nous avons préparé 16 rapports – un rapport pour chacune de nos régions administratives. Chaque rapport fournit une mine de données économiques, sociales et démographiques par région et un rapport final, le 17e, dresse un bilan des totaux provinciaux.
Nous avons été informés de la rapide croissance démographique dans les régions appartenant à l’indicatif régional 905, comparativement à la stagnation ou au déclin des populations dans le Nord. Nous avons été informés de la diversité croissante, notamment dans la région du Grand Toronto. L’urbanisation rapide de la population autochtone est d’un grand intérêt. Nous avons dressé un sommaire des divers taux d’emploi dans la province.
De quelle utilité nous sont ces données ? D’une part, en qualité d’important subventionneur, nos employés et bénévoles dans chaque région peuvent utiliser ces rapports pour mieux comprendre les réalités économiques, sociales et démographiques de leur région et pour dégager les possibilités de subventions qui répondent aux besoins les plus pressants – accordant les subventions qui contribuent le mieux à appuyer les nouvelles communautés, les jeunes autochtones, par exemple.
Outre leur valeur pour nous, ces données s’avèrent utiles, selon nous, à d’autres bailleurs de fonds, au gouvernement local et au secteur plus large des organismes sans but lucratif. Les 17 rapports, disponibles en ligne sur notre site Web, www.trilliumFoundation.org, sont téléchargés régulièrement.
Un autre rapport, également commandé dans le cadre de notre recherche interne à la FTO et ayant pour titre « La FTO et les communautés autochtones de l’Ontario : leçons et possibilités », nous a permis de saisir la grande diversité des populations autochtones vivant sur les réserves et hors réserve en Ontario et nous a amenés à mieux comprendre les barrières qui entraînent souvent des taux élevés de pauvreté, de chômage et de suicide.
Encore une fois, cette information nous a aidés à nous rapprocher des communautés. Elle a stimulé fortement les subventions de la FTO dans les communautés autochtones.
Toujours dans le dossier de la recherche financée par la Fondation, je me tourne maintenant sur les activités de recherche externe que la FTO a appuyées au moyen de subventions. Je donnerai plusieurs exemples pour illustrer la nature des initiatives de recherche que nous avons appuyées.
Nous sommes d’ardents zélateurs du travail de Tamarack et de son initiative Vital Communities. La démarche de Vital Communities consiste à rassembler un large éventail de personnes d’une communauté donnée dans le but d’élaborer un plan plurisectoriel de réduction de la pauvreté dans la communauté. Quinze villes canadiennes sont présentement engagées dans cette démarche. Le processus d’apprentissage est un élément critique et la FTO a été un bailleur de fonds pour la diffusion des connaissances ainsi que pour le développement de mesures de rendement.
Tamarack accomplit un travail essentiel dans les plus grandes communautés, mais dans mon deuxième exemple, je me tournerai vers certaines des plus petites communautés de l’Ontario. La FTO a accordé une importante subvention à une initiative appelée «L’importance des communautés » mise sur pied par 17 des plus petits organismes de Centraide de l’Ontario. Dans ces parties éloignées de la province, la campagne de Centraide compte généralement un ou deux employés et se fixe un objectif annuel de moins d’un million de dollars. Organisme très différent des campagnes de Centraide dans des villes comme Toronto ou Ottawa. À cause de leurs ressources limitées, ces petits organismes n’ont jamais fait d’évaluation des besoins communautaires. Or, c’est justement ce que notre subvention leur permet de réaliser.
Les problèmes résultants ainsi cernés étaient remarquablement semblables dans ces communautés principalement rurales – décrochage des jeunes, sérieuses difficultés d’accès causées par l’absence de transports publics et taux étonnamment élevé de pauvreté rurale, passant souvent inaperçue à cause de son éparpillement.
J’ai tiré mon troisième exemple d’un projet spécifique dans une communauté – il s’agit de la subvention accordée au Conseil de planification sociale de Cambridge et North Dumfries, permettant d’effectuer la phase de recherche quantitative d’un rapport des profils de voisinage de 2008. Cette recherche avait pour but de fournir des mises à jour des données démographiques, des forces et des capacités des quartiers de Cambridge dans le but d’améliorer l’efficacité des services.
Enfin, mon quatrième exemple se trouve ici-même à Toronto – une subvention à un organisme d’aide aux immigrants somaliens permettant de mettre sur pied un programme d’éducation pour les Somaliens âgés à faible revenu à Etobicoke, York, North York et Scarborough. Cette recherche avait pour but de travailler avec les membres de la communauté à identifier et atténuer les facteurs qui contribuent à la pauvreté et aux problèmes de santé. Les leçons tirées de ce projet pilote seront partagées avec les autres agences au service des communautés somaliennes de Toronto.
Maintenant que je vous ai donné plusieurs exemples des recherches à l’interne et à l’extérieur financées par notre Fondation, j’aimerais conclure en vous livrant quelques observations.
Premièrement, les bailleurs de fonds communautaires comme la Fondation Trillium de l’Ontario sont plus enclins à financer des recherches appliquées ou des projets pilotes plutôt que des recherches purement théoriques. Tout bailleur de fonds a un mandat et une mission spécifique qui dicte son fonctionnement. En ce qui a trait à la FTO, comme mes exemples le démontrent, la recherche appliquée et les projets pilotes en milieu communautaire correspondent bien à nos critères de subvention.
Deuxièmement, d’après notre expérience, les stratégies de réduction de la pauvreté – une des principales préoccupations des discussions d’aujourd’hui – se concentrent surtout sur la pauvreté en milieu urbain et ce, pour de bonnes raisons. C’est en milieu urbain que l’incidence de la pauvreté est la plus forte. Toutefois, des initiatives telles la recherche de L’importance des communautés portant sur les petits organismes de Centraide sert à nous rappeler que la pauvreté rurale est souvent mal documentée et passe souvent inaperçue.
Troisièmement, tel que le montre le travail de l’organisme d’aide aux immigrants somaliens et comme le savent très bien tous ceux qui m’écoutent, Toronto est une ville incroyablement diversifiée et la recherche visant à appuyer une stratégie de réduction de la pauvreté doit refléter sciemment cette diversité.
Quatrièmement, une recherche réussie et bien communiquée peut certainement influencer la politique publique. Dans les exemples que j’ai présenté, les initiatives de L’importance des communautés ont certainement favorisé des discussions avec les gouvernements municipaux qui travaillent avec d’autres intervenants à résoudre certains des problèmes cernés par la recherche – le problème de désengagement de la jeunesse a attiré l’attention de plusieurs communautés plus petites.
Et cinquièmement, la documentation et le partage des leçons apprises demeurent un enjeu et une occasion. Nous avons tous été témoins de stratégies ayant remporté un certain succès dans une collectivité donnée, mais très peu de travail a été fait pour partager ces histoires de succès dans d’autres communautés. L’approche préconisée par Tamarack de partager les leçons apprises est un excellent exemple et un domaine dans lequel les bailleurs de fonds peuvent être particulièrement influents. J’aime croire que notre approche à la FTO consistant à partager les données de Statistique Canada dans nos rapports « Le profil de votre communauté » ont été utiles aux autres.
Je m’arrête ici et j’ai hâte d’entamer la discussion qui va suivre. Chaque jour, nous apprenons quelque chose dans la poursuite de notre objectif de favoriser l’épanouissement de communautés saines et dynamiques et cette entreprise est devenue, sur plusieurs plans, plus difficile dans la présente conjoncture économique. Je suis fier d’être parmi des gens qui ont pris l’engagement de rehausser la norme pour tous.
Merci.
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