|
Porchlight : une lueur d’espoir au fond du tunnel
 (g-d) David Suzuki, écologiste et Stuart Hickox, directeur général du projet Porchlight | Lorsque Stuart Hickox, directeur général du projet Porchlight, parle d’économies d’énergie et de réchauffement planétaire à des bénévoles communautaires, il commence toujours de la même façon.
« Levez la main si vous voulez faire quelque chose contre le changement climatique, dit-il. Et à chaque fois, quel que soit le lieu, une salle, un gymnase ou un terrain de stationnement, toutes les mains se lèvent. »
« Gardez les mains en l’air, dit-il, en secouant la sienne lorsque les gens commencent à baisser les bras. Maintenant, faites ceci. » Il fait alors le geste de visser une ampoule dans une douille.
« Vous voyez, dit-il, nous pouvons tous faire quelque chose contre le changement climatique. »
« Pour résoudre ce problème, tout le monde doit participer à la solution », affirme-t-il. Grâce à cette mobilisation qui a pris comme une traînée de poudre dans tout le Canada, Stuart Hickox et le projet Porchlight pourraient bien y arriver. Il a suffi d’une subvention de 150 000 $ de la Fondation Trillium de l’Ontario (FTO) versée sur une période d’un an pour que tout commence.
Stuart Hickox explorait le Web à la recherche de renseignements sur les réfrigérateurs à faible consommation d'énergie lorsqu’il découvrit une statistique qui l’a sidéré : si chaque foyer remplaçait une seule ampoule à incandescence traditionnelle par une ampoule fluorescente compacte, il en résulterait des économies de 50 $ sur cinq ans. Mais ce n’est pas tout. Si chaque foyer canadien remplaçait une ampoule traditionnelle par une ampoule fluorescente compacte, cela équivaudrait à réduire la pollution de l’équivalent des émissions de 66 000 véhicules.
« Je ne pouvais pas me sortir cette statistique de la tête, dit-il. Le réchauffement planétaire et le changement climatique m’angoissaient, mais j’étais persuadé que mes petits gestes ne changeraient rien. Puis, j’ai réalisé que changer une ampoule n’est que le début, un catalyseur. Il s’agit du premier acte universel que nous pouvons tous faire pour changer les choses. Si nous réussissons à persuader les gens de faire ce premier geste, d’autres changements suivront. »
Stuart Hickox, son épouse et deux amis ont convaincu la quincaillerie de la petite ville de Kinmount, en Ontario, de financer l’achat de 50 ampoules fluorescentes compactes. Ils ont distribué les ampoules gratuitement en expliquant aux gens qu’ils pouvaient économiser de l’énergie et de l’argent et sauver la planète. Il suffirait pour cela de remplacer une seule ampoule traditionnelle par la nouvelle ampoule. Sans que cela ne leur coûte rien. « Lorsque nous sommes revenus au magasin, quatre personnes avaient déjà acheté d’autres ampoules fluorescentes compactes. Nous savions que nous étions sur la bonne voie. »
 Le premier ministre Stephen Harper devant l’objectif de Projet Porchlight, une ampoule fluorescente compacte à la main. | À Ottawa, les gens ont commencé aussi à voir la lueur au fond du tunnel ou plutôt les ampoules. Stuart Hickox et son groupe ont recruté 200 bénévoles pour distribuer des ampoules. Fin 2006, Hydro Ottawa, la Banque TD, la ville d’Ottawa et un député fédéral local s’étaient aussi ralliés au projet. Les 50 ampoules de Kinmount sont aujourd’hui 225 000.
« C’est pendant la campagne d’Ottawa que nous avons présenté notre demande de financement à la FTO, explique Stuart Hickox. Nous ne savions pas si notre démarche communautaire allait fonctionner ailleurs que chez nous et nous avions besoin d’argent pour tester nos méthodes dans d’autres villes. »
Ils ont reçu plus que de l’argent. « La subvention de la FTO a été pour nous un sceau d’approbation, affirme Stuart Hickox. Le processus de financement de la Fondation nous a obligés à établir un plan de travail et des indicateurs mesurables. La subvention nous a donné une marge de manœuvre. Grâce à elle, nous avons pu élargir notre champ d’action et réfléchir à la façon de nous y prendre et aux moyens d’inviter les Ontariennes et les Ontariens à agir en faveur de l’environnement. »
Pour Stuart Hickox, le logo de la Fondation qui orne le site Web du projet Porchlight, la boîte de l’ampoule Porchlight et leurs présentations, leur a ouvert des portes. Les autres bailleurs de fonds connaissaient la réputation de la FTO comme organisme habitué à financer des projets sérieux et des idées nouvelles et originales et à appliquer des normes de responsabilité et de transparence très strictes. « La subvention de la FTO n’est pas la plus élevée, dit-il, mais elle a été la plus importante source de financement pour nous. »
« Le projet Porchlight est plus que l’exemple parfait de mobilisation communautaire, affirme Kevin Humphrey, agent des subventions, Programme provincial, FTO. Il est un exemple d’initiative subventionnée qui illustre parfaitement ce que la FTO recherche dans les projets qu’elle appuie : des idées originales, des mesures visant à protéger l’environnement et des bénévoles conscients de leur capacité de faire changer les choses pour le mieux dans leur localité. »
« Soyez une lumière pour votre communauté », exhorte Stuart Hickox à tous ceux qui viennent aux assemblées et réunions pour distribuer des ampoules. Trois ans, des centaines de communautés et plus d’un million d’ampoules plus tard, projet Porchlight et ses milliers de bénévoles nous montrent comment nous pouvons tous briller.
SOMMAIRE DE LA SUBVENTION En 2006, la FTO a accordé au projet Porchlight une subvention de 150 000 $ sur une période d’un an pour poursuivre l’initiative pilote entreprise à Ottawa dans trois autres localités. Grâce à ce projet, 260 000 ampoules fluorescentes compactes sont utilisées, générant des économies d’énergie de 13 millions de dollars. |
|